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Billets d'avion en hausse, vols annulés : ce que la crise du kérosène change vraiment pour vous

De Josh Arnfield

Mis à jour le 5 février 2026

Billets d'avion en hausse, vols annulés : ce que la crise du kérosène change vraiment pour vous

Depuis début mars 2026, une même question revient dans toutes les conversations autour du voyage : est-ce que mon vol va coûter plus cher ? Est-ce qu'il va même avoir lieu ?

Ce n'est pas une rumeur. Depuis fin février, le conflit en Iran fin a déclenché un choc pétrolier qui secoue l'ensemble du transport aérien mondial. Le prix du kérosène a bondi de plus de 50 % en quelques jours, passant d'environ 85 à 90 dollars le baril à une fourchette comprise entre 150 et 200 dollars. Les compagnies ont vite réagi : surcharges relevées, tarifs augmentés, vols supprimés sur les routes du Golfe.

Voici ce que ça change concrètement selon votre situation.

En bref

Hausse des billets d'avion : ce qu’il faut retenir

Les billets achetés avant la crise ne peuvent pas être réévalués à la hausse par votre compagnie.

Si votre vol est annulé pour raison économique, vous avez droit à un remboursement intégral ou un réacheminement (et souvent à une indemnisation forfaitaire).

Si vous transitez par Dubaï ou Doha, vérifiez le statut de votre vol avant de vous rendre à l'aéroport.

Les hausses tarifaires à venir pourraient atteindre 18 % sur certaines routes pour l'été 2026.

Ce qu'il se passe en ce moment

La hausse des prix des billets d’avion s’explique en partie par une augmentation du coût du kérosène, directement liée aux tensions géopolitiques fin février 2026. Les perturbations dans le Golfe Persique ont affecté le détroit d’Ormuz, un point stratégique par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, entraînant une hausse du prix du baril.

En parallèle, ces tensions ont fortement perturbé le trafic aérien : plus de 500 vols ont été annulés en une journée et près de 9 600 retardés dans le monde. Des hubs majeurs comme Dubaï et Doha ont vu leur activité ralentir, impactant des centaines de milliers de voyageurs, dont environ 400 000 Français selon le Quai d'Orsay.

Quelles compagnies aériennes ont déjà augmenté leurs prix ?

Après la hausse du prix du kérosène et les perturbations du trafic aérien, plusieurs compagnies ont rapidement ajusté leurs tarifs. Depuis début mars 2026, les augmentations concernent aussi bien les vols long-courriers que certaines liaisons régionales.

Voici les principales compagnies aériennes ayant déjà appliqué une hausse des prix :

Air France-KLM

Hausse d’environ 50 € aller-retour en classe économique sur les billets émis depuis le 11 mars 2026. Sur les vols transatlantiques, la surcharge carburant (YR) atteint 319 €, dont environ 30 € liés à la récente hausse du kérosène. La mesure a été étendue à l’ensemble des vols long-courriers du groupe.

SAS

Première compagnie européenne à annoncer une hausse dès le 10 mars. Cette augmentation est présentée comme temporaire, afin d’absorber la hausse du coût du carburant.

Cathay Pacific

Doublement de la surcharge carburant à partir du 18 mars 2026.

  • Sur les vols Hong Kong–Europe : 62 € → 129 € aller-retour.

  • Sur certains long-courriers : jusqu’à 149,20 $ par segment.

Qantas & Air New Zealand

Augmentations annoncées simultanément.

Air New Zealand précise :

  • +10 NZD (domestique)

  • +20 NZD (court-courrier international)

  • +90 NZD (long-courrier, aller simple en classe éco)

La compagnie évoque également une incertitude élevée liée au contexte actuel.

Air India & Air India Express

Hausse progressive entre le 12 mars et le 1er avril, pouvant atteindre 50 $ par trajet sur certains vols long-courriers.

Compagnies américaines (dont Delta Air Lines)

Particulièrement exposées à la hausse du carburant. Le dirigeant de Delta Air Lines indique que le prix du kérosène a presque doublé depuis le début de l’année, entraînant environ 400 millions de dollars de surcoûts pour le seul mois de mars.

Les billets vont-ils continuer à augmenter ? Ce qu'il faut savoir avant de réserver

Si vous n'avez pas encore acheté votre billet, la question est légitime : vaut-il mieux réserver maintenant ou attendre une éventuelle accalmie ?

Ce que montrent les données

Les analystes anticipent des hausses pouvant atteindre 18 % sur les compagnies les moins bien couvertes, si le conflit se prolonge à ce niveau de prix. Les derniers billets vraiment compétitifs disparaissent rapidement, et les promotions de dernière minute sont quasi absentes du marché en ce moment.

Ce que vous payez dépend de qui vous volez

Les compagnies qui pratiquent la couverture carburant à terme ont moins de pression immédiate. Air France-KLM avait couvert 87 % de sa consommation pour le premier semestre 2026 à prix fixe avant le déclenchement du conflit. Ryanair était protégée à 84 % à 77 dollars le baril, easyJet à 84 % également. À l'inverse, Lufthansa n'avait couvert que 28 % de sa consommation pour 2026, et la plupart des transporteurs américains n'avaient aucune couverture.

Fourchettes indicatives par type de vol au départ de France

  • Court-courrier Europe : +10 à 30 € par rapport aux tarifs d'avant-crise (exemple concret : Paris-Barcelone passé de 98 € à 126 € en une semaine, soit +29 %)

  • Moyen-courrier (Maghreb, Turquie) : +15 à 20 %

  • Long-courrier Amérique du Nord : surcharge YR pouvant représenter jusqu'à un tiers du prix total du billet en économique

  • Long-courrier Asie et Océanie : hausse tout aussi marquée, aggravée par les détournements de routes liés à la fermeture de l'espace aérien du Golfe

Que faire concrètement ?

Si vous avez des voyages d'été ou professionnels prévus, verrouiller dès maintenant sur des billets remboursables ou modifiables est la décision la plus prudente. Attendre une baisse des prix suppose que le conflit se résoudra rapidement — ce qu'aucun analyste ne prédit avec certitude à ce stade. Vérifiez aussi ce que couvre votre carte bancaire : certaines cartes Visa Premier ou équivalentes offrent une protection en cas d'annulation. Notre article sur l'assurance Visa Premier et la couverture retard ou annulation vous détaille ce que ces garanties couvrent réellement.

Billet déjà acheté : les compagnies aériennes peuvent-elles exiger un supplément ?

La réponse courte

Non, dans la grande majorité des cas.

Pour les billets achetés en France ou au départ de l'UE, le prix total affiché au moment de la confirmation de réservation est le prix que vous payez. Les compagnies ne peuvent pas vous imposer unilatéralement une surcharge supplémentaire après l'émission de votre billet. C'est une règle protectrice ancrée dans la réglementation européenne.

Si vous recevez un e-mail de votre compagnie réclamant un supplément "kérosène" sur un billet déjà émis, vous êtes en droit de le refuser. Conservez cet e-mail : il pourrait être utile si la situation dégénère en litige.

La nuance importante

Si la compagnie décide d'annuler votre vol en raison de la hausse des coûts, comme le font plusieurs transporteurs en ce moment, a situation est différente. Une annulation déclenche des droits spécifiques, détaillés dans la section suivante.

Passager à l’aéroport muni d'un passerport et de son billet d'avion imprimé.

Votre vol est annulé : quels sont vos droits ?

C'est le point le plus important pour les passagers directement affectés.

Ce que la compagnie doit vous proposer

  • Le remboursement intégral du billet dans les 7 jours si vous ne souhaitez pas être réacheminé.

  • Un réacheminement vers votre destination finale dans des conditions comparables, sans frais supplémentaires.

  • Une prise en charge immédiate si vous êtes bloqué à l'aéroport : repas et rafraîchissements, hébergement si nécessaire, transferts.

Avez-vous droit à l'indemnisation forfaitaire ?

Cela dépend de la cause de l'annulation. Le règlement européen CE 261/2004 prévoit une indemnisation de 250 € à 600 € selon la distance du vol, sauf si la compagnie prouve des circonstances extraordinaires.

  • Si votre vol est annulé pour raison économique (hausse du kérosène, restructuration de réseau) : vous êtes éligible à l'indemnisation. La flambée du carburant est un risque économique que les compagnies assument. Ce n'est pas un événement imprévisible et inévitable.

  • Si votre vol est annulé en raison de la fermeture de l'espace aérien liée au conflit armé : on parle alors de circonstances extraordinaires. La compagnie reste tenue au remboursement du billet d'avion et à l'assistance, mais l'indemnisation forfaitaire ne s'applique pas.

En cas de doute sur votre éligibilité, vous pouvez vérifier votre vol directement avec notre calculateur d'indemnité. La démarche est gratuite et se fait en quelques clics.

Vous êtes bloqué dans un aéroport du Golfe ou en transit : que faire ?

C'est la situation la plus urgente et la moins bien documentée. Des milliers de passagers se retrouvent coincés à Dubaï, Doha ou Abu Dhabi, ou voient leur correspondance via ces hubs annulée.

La règle de base à connaître

Le règlement européen CE 261/2004 s'applique si votre vol part d'un aéroport de l'UE, quelle que soit la compagnie. Il s'applique également si votre vol arrive en Europe depuis un pays hors UE et est opéré par une compagnie européenne. En revanche, un vol Dubaï → Paris opéré par Emirates ou un vol Doha → Paris opéré par Qatar Airways ne relève pas automatiquement de ce cadre, car il décolle d'un pays hors UE sur une compagnie non européenne.

Si vous avez une correspondance via Dubaï ou Doha

Si votre itinéraire est sur une seule réservation et que votre correspondance est manquée à cause d'une annulation sur le premier segment, votre compagnie doit vous proposer une solution pour rejoindre votre destination finale.

Ce que font les principales compagnies en ce moment

  • Emirates a repris un programme de vols réduit depuis Dubaï, priorité aux familles et urgences médicales. Ne vous rendez pas à l'aéroport sans booking confirmé.

  • Qatar Airways reprend des vols limités depuis Doha à partir du 18 mars, avec transit autorisé pour les passagers en correspondance confirmée.

  • Air France maintient la suspension de ses vols vers Dubaï et Riyad, et vers Tel-Aviv et Beyrouth. Quelques vols de rapatriement ont été opérés en coordination avec la DGAC.

  • Etihad, British Airways, Turkish Airlines, Lufthansa : tous proposent des politiques de rebooking gratuit ou remboursement pour les billets affectés. Consultez directement leur site pour les dates limites.

Hub alternatif

Mascate (Oman) s'est imposé comme la principale porte de sortie de la région, avec plus de 97 000 voyageurs évacués depuis le début de la crise. Oman Air a ajouté des vols entre le 16 et le 22 mars vers Paris, Londres, Rome, Bangkok, Singapour et Delhi.

Si vous êtes physiquement bloqué dans un aéroport du Golfe

Même hors du champ du règlement européen, les grandes compagnies du Golfe ont mis en place des aides à l'hébergement pour certains passagers (Abu Dhabi notamment). Demandez explicitement à la compagnie ce à quoi vous avez droit, par écrit si possible. Conservez tous vos reçus de dépenses engagées (repas, nuit d'hôtel, transport alternatif).

Inscrivez-vous également sur le portail Ariane du Quai d'Orsay si vous êtes français bloqué dans la région : cela permet à l'ambassade de vous localiser et de vous contacter en cas d'évacuation organisée.

Surcharge carburant (taxe YR) : de quoi s'agit-il ?

Vous la voyez apparaître sur votre prochain billet sans savoir exactement ce qu'elle représente. La taxe YR — "supplément international imposé par le transporteur" — est une ligne tarifaire créée au début des années 2000 pour facturer séparément l'impact du kérosène.

Ce qu'il faut retenir : cette surcharge n'est pas directement indexée sur le prix du baril au jour le jour. KLM l'a confirmé : elle est fixée sur des "critères concurrentiels" et peut évoluer indépendamment des cours réels du pétrole. Elle monte vite quand le kérosène flambe et baisse beaucoup plus lentement quand les cours se calment.

Pour vous, passager, la surcharge YR fait partie du prix total du billet et est soumise aux mêmes règles de protection. Vous n'avez pas à la payer séparément si vous avez déjà un billet émis.

Un passager muni d'une valise cabine attend son vol à l'aéroport en salle d'embarquement.

Ce que vous pouvez faire dès maintenant

  • Vérifiez le statut de votre vol avant de vous rendre à l'aéroport, particulièrement si vous transitez par le Golfe. La situation évolue vite.

  • Conservez toutes les communications de votre compagnie : SMS, e-mails, notifications. Ces traces documentent la perturbation si vous devez faire valoir vos droits.

  • Ne prenez pas un bon d'achat à la place d'un remboursement sans avoir vérifié vos droits. Un bon d'achat n'est pas un remboursement, et vous n'êtes pas obligé de l'accepter.

  • Gardez vos reçus si vous engagez des dépenses imprévues (repas, hébergement, transport alternatif). Ces frais peuvent faire l'objet d'une demande de prise en charge.

  • Consultez les droits des passagers aériens applicables à votre situation, ou vérifiez directement l'égibilité de votre vol avec AirHelp. La démarche est 100% gratuite.

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